Quand une couverture de l'Express hérisse le poil de Twitter, elle pose des questions.
Comme disait Françoise Giroud, "l'égalité homme-femme sera atteinte le jour où l'on pourra nommer une femme incompétente à un poste".
Évidemment, vous avez tous vu la couverture de l'Express de cette semaine qui montre les cinq femmes qui emmerdent François Hollande. Son ex, sa compagne, l'ancienne taulière du PS, l'écolo et la dame de fer allemande sont pointées du doigt. La semaine du Women's Forum, il fallait oser.
Cinq femmes... Il n'en fallait pas plus pour faire monter au créneau les féministes de tout poil. Il n'en fallait pas plus pour que les nouveaux conservateurs envahissent les réseaux sociaux pour dire tout le mal qu'ils pensent de cette mise en abîme des femmes du Président. Il n'en fallait pas plus pour que Twitter s'enflamme...
En fait, c'est le deuxième point qui me fait poser des questions : les nouveaux conservateurs. Le dogme du tout progressiste est en marche. Oui, on passe d'un dogme à un autre ! Et la Liberté bordel !
D'accord j'exagère un peu.
Pourtant, il est, à l'évidence, une posture de certains pour défendre les nouveaux dogmes qui disent qu'il est de bon ton de s'émouvoir quand on met en abîme des femmes, quand on les pointe du doigt. C'est normal. Maintenant, il ne s'agit pas des femmes, mais de cinq d'entre elles. François Hollande a montré en juin qu'il n'arrivait pas à gérer les conflits entre Ségolène Royal et Valérie Trierweiler, Ex et compagne, pas la peine de revenir sur le sujet cela a été prouvé. Le traité européen a été scellé par Sarkozy et Merkel. Cette dernière a donc contraint François Hollande a appliqué la politique voulue par la France. Martine Aubry et Le Président de la République se sont toujours opposés et cela continue en coulisses. Enfin, Cécile Duflot oblige François Hollande à courir derrière elle pour l'écologie et le traité européen. Bref, l'Express a raison sur le fond.
Le problème doit être sur la forme. La forme, c'est l'angle journalistique afin d'attirer le lecteur. Là, cela a fonctionné en plein. "Ces femmes" sont pointées du doigt. Oui, je le réécris, l'Express écrit "Ces femmes", pas "Les femmes". C'est donc un choix journalistique (... matiné d'un peu de marketing). Circulez y'a rien à commenter !
Reste la posture de certains. Pourquoi, puisque rien sur le fond et la forme ne pousse à la polémique, existe-t-elle ? Qu'est-ce qui a incité un escadron de twittos à s'agacer ? Pourquoi une minitre telle que Najat Vallaud-Belkacem a cru bon de prendre partie en écrivant sur Twitter : "L'Express met 5 femmes en Une. On aurait pu s'en réjouir. Ce n'est pas le cas." ? Pourquoi toutes les interventions agissent contre le fond supposé et non sur la forme marketée ? S'il y avait un truc à redire, cela serait sur la méthode pour faire causer les causeurs... et encore, je trouve cela bien que les hebdomadaires se tirent la bourre pour se différencier les uns des autres, cela nous change des marroniers de l'immobilier, des hôpitaux et des franc-maçons.
En somme, ne sommes nous pas en face d'une nouvelle catégorie de population qu'on pourrait appeler les nouveaux conservateurs alors qu'ils s'annoncent progressistes ?