Camille Redouble de Noémie Lvovsky... T'as eu 16 ans ?.
16 ans. A 16 ans, j'embrassais dans l'embrasure d'une porte une jeune femme blonde avec laquelle j'allais vivre un bout de vie sublime entre scolarité, Ibiza et vie étudiante.
16 ans. Demain, mercredi, sort au cinéma, "Camille Redouble" de Noémie Lvovsky. Noémie Lvovsky n'a pas 16 ans, pourtant dans son film elle joue sous ses traits, sans effet, une adolescente de 16 ans. Il n'y a qu'au théâtre qu'on se laisse embarquer dans une telle supercherie. Et cela d'autant plus que l'actrice aurait monté dans les aigus sa voix. Aucun artefact dans ce film. Cette idée de génie, nous la devons au sensible Jean-Louis Livi, le producteur. L'effet est remarquable. Pourquoi ? Parce que l'adolescence est un état d'esprit qui devient ridicule si l'entourage le voit comme tel. Là, en plus de la justesse d'interprétation de Noémie Lvovsky, les actrices qui l'accompagnent sont dans le ton. Et cela fonctionne.
Ce qu'il y a de bien dans ce film, ce n'est pas seulement la très belle performance d'actrice de Noémie Lvovsky, c'est aussi l'histoire et sa réalisation. Sur fond de séparation amoureuse, l'histoire est celle de la question qu'on s'est tous posée un jour : Et si je comprenais mieux ce qui m'arrive aujourd'hui en connaissant mieux mon passé... et si seulement c'était possible de le revivre le revivrais-je de la même façon ? Y changerais-je quelque chose quitte à risquer un autre avenir plus sombre. "Camille Redouble" atteint cet objectif sans tomber dans l'impossible, l'improbable et le sensationnalisme. "Camille Redouble" est un poème cinématographique.
"Camille redouble" sort demain. Allez le voir.