Le chant du Rossignol Impérial
En des temps lointains un Empereur chinois commanda le portrait de son rossignol à six peintres. Celui qui serait choisi n'aurait pas la tête coupée et serait couvert d'or.
Le plus vieux d'entre eux déclina la proposition en assurant qu'il ne pouvait risquer la colère des dieux qui l'ont maintenu si longtemps en vie. L'Empereur comprit.
Les trois suivants se pressèrent de rendre leur toile pour ne pas faire attendre l'Empereur. Le Rossignol impérial ne s'arrêta pas devant les toiles. Les trois têtes roulèrent.
Les deux autres peintres déchirèrent de nombreuses toiles. Ils répétaient encore et encore leurs gammes pour arriver au trait parfait. Quand ils rendirent leur portait, l'Empereur ne su voir la différence entre les deux. Il fit amener le Rossignol.
Allant d'une toile à l'autre, le Rossignol s'affola. Il s'enflamma, se roula par terre, revint à lui puis devant l'une des deux, il finit par s'arrêter. Il s'y pâmait. Et dans un silence, il commença un chant qui interdit tout bruit dans le palais. À la fin du chant, il s'allongea sur le coté, ferma les yeux et mourut.