Najat Vallaud Belkacem, le bon petit soldat
Najat Vallaud Belkacem est notre Ministre des Droits des femmes et Porte Parole du Gouvernement. Elle est jolie, intelligente et a réussi à monter dans la société grâce à l'immensité de son talent.
Depuis que François Hollande a gagné elle est dans tous les médias en mode séduction, en mode réassurance, en mode je suis porte parole je peux donc parler de tout. La dette, les emprunts, le SMIC, la prostitution, la culture, la télévision, le chômage etc... Najat Vallaud Belkacem parle de tout. C'est dingue, d'ailleurs, cette capacité à avoir toujours quelque chose à dire... un peu comme le Professeur Rollin en moins drôle, et surtout, beaucoup comme Ségolène Royal, son mentor, qui a fini par croire qu'elle pouvait aller là où on ne l'attendait pas. Ségolène Royal, à une époque pas si lointaine, donnait son avis sur tout en créant des contre-pieds pour surprendre tout le monde à commencer par ses équipes. Elle avait ce don de pouvoir en une phrase faire la une des médias.
Lundi soir dans Mots Croisés, Najat Vallaud Belkacem avait aussi réponse à tout face à des journalistes expérimentés et une Valérie Pécresse qui a tout simplement attendu au coin du bois qu'elle tombe, ce fut le cas. Najat Vallaud Belkacem en fait trop. A peine plus d'un mois de Gouvernement, et déjà elle lasse. Oui, dans Mots Croisés par exemple elle s'est pris les pieds dans le tapis dans les chiffres, gentillement tancée par une Valérie Pécresse qui n'en demandait pas tant. De même, Les Echos ont annoncé vendredi que le SMIC allait être augmenté de 2%, et hier soir plutôt que d'aller dans le sens des Echos, elle est passée pour ridicule à vouloir dire que cela n'était pas décidé...
Pourtant Najat Vallaud Belkacem a tout pour plaire. Elle oublie que la rareté est importante en politique. La prise de parole doit se faire au bon moment avec une vraie impulsion plutôt que de bégayer une stratégie de communication de campagne qui est passée de "l'ordre juste" à "dans la justice". En plus, à force de sortir tout le temps, elle désengage les autres ministres qui nous préparent une jolie rigueur.
Bref, Najat Vallaud Belkacem a oublié l'essentiel : à la guerre, comme en politique, on envoie d'abord ceux qu'on peut sacrifier en premier : les petits soldats. Comme en 1995, avec François Baroin ou en 2007 avec David Martinon.