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Steve Jobs, SOPA, MegaUpload... les perversions des réseaux sociaux

Media-perversion-blogLe jour de la mort de Steve Jobs, il y a eu 4,3 millions de tweets. Pour la loi permettant la censure de site aux États-Unis, SOPA, cela a été encore plus important. Enfin, jeudi et vendredi derniers, la fermeture de Megaupload a battu tous les records. Tout cela a fait du bruit, et puis passe. N'y a-t-il pas une perversion de l'immédiateté ?

 

Dans la même veine, quand la France a perdu son triple A un jeudi, le twitter français a généré 94 000 tweets dont une grande majorité contre Nicolas Sarkozy. Le lundi suivant, une autre agence confirmait le triple A. Plus un mot dans les réseaux sociaux. Là aussi nous sommes allés très vite. Trop vite. Les marchés financiers ont fermé à la hausse. Les banques françaises ont emprunté à un taux en baisse. RAS.

 

C'est toute la question de l'immédiateté. Un de mes professeurs aristotélicien aimait à répéter qu'il n'y avait rien de plus dans l'actualité qu'un texte de Sénèque. La portée de cette phrase raisonne encore plus fortement quand on est pris dans la spirale des réseaux sociaux. Une actualité en chasse une autre. C'est terrible quand on y pense le rafraichissement d'une timeline sur Twitter ou sur Facebook. Et le mélange est dingue : lol cat, info sérieuse, info personnelle, vidéo légère, fille à poil ou homme nu, etc... chaque donnée écrase la précédente. Qu'est-ce que cela construit ?

 

La succession d'immédiateté. Évidemment, c'est la dictature de l'immédiateté ou plus exactement, la dictature du présent. Et c'est là qu'on oublie l'essentiel : le présent est le passé en construction. Etre dans l'immédiateté est-ce nier l'Histoire ?

 

Quand je lâche un tweet, j'écris. Je laisse à disposition de tous un message qu'un autre viendra écraser. Cet autre viendra de moi ou d'un autre. Et mon message disparaitra. En fait non, il restera sauf qu'il sera oublié. Oublié. C'est là où est la perversion des réseaux sociaux. On oublie. Alors si le droit à l'oubli est une demande technique de ceux qui n'ont rien compris au net, il y a une évidence qu'il est bon de rappeler : sur les réseaux sociaux on se mobilise par stimuli. Comme dans la publicité. Et puis on passe à autre chose... un autre mort, une autre fermeture, c'est une météo qui passe.

 

Il reste quoi au fond ? Qui se souvient de la météo de la semaine dernière, un jour exactement ? On se souvient d'une ambiance encore un peu. Comme la météo, les faits sont égrainés comme un chapelet sans fin...

 

Et le pire : ils ne changent en rien notre vie de tous les jours alors qu'ils bouleversent, un temps, les réseaux sociaux. N'avons-nous pas oublié un truc là ?

 

 

23/01/2012

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