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Les plates-formes de contenus à la demande sont un avant goût du recul du journalisme

Gavage Après l'offre Wikio il y a quelques semaines, Populis avant lui, une nouvelle plate-forme de contenus à la demande va débarquer en France : Comment Ca Marche.

Yahoo! devrait aussi sortir son offre en 2011 après avoir racheté l'agence Associated Content pour 100 millions de dollars en mai dernier.

 

De quoi s'agit-il ? De la rédaction de billets cours pour générer du contenu autour de sujets divers et variés. L'idée est de donner la plume pour quelques euros à des spécialistes (ou pas) de sujet afin de "pisser de la ligne" qui, eu égard à l'algoryhme google, permettrait d'y attacher des adwords/adsense. Et cela d'autant plus que l'idée est d'augmenter la visibilité en créant des sites webs en pagaille pour générer du backlink. Ainsi, le contenu "pissé" serait bien référencé et générerait de fortes recettes publicitaires. Le modèle économique est redoutable. Son industrialisation permettrait de soutenir l'économie du contenu en ligne.

 

Donc, ces fermes à contenus sont là pour écrire des articles sur tout et n'importe quoi comme le souligne au fond Luca Ascani, Président et cofondateur de Populis : « Sur Internet, 20 % à 25 % de l'information consommée proviennent des médias traditionnels, 60 % à 65 % proviennent de recherches et environ 15 % de contenus partagés via les réseaux sociaux. Nous essayons de couvrir ces trois zones et d'apporter des réponses adéquates. »

 

A l'autre bout de la ligne du contenu, il y a le journaliste.

Lui, écrit aussi des lignes, lui aussi a une régie qui pousse pour que les articles soient le plus cliqués. Mais le problème du journaliste est qu'il n'écrit pas à la vitesse du web. Il écrit à la vitesse de l'Homme. Alors, les fermes à contenus sont des accélérateurs du métier de journaliste ou des dévalorisateurs du coût du contenus ?

 

La question que je me pose est la réalité du fond des contenus générés. Nous ne sommes plus dans l'analyse, l'investigation, mais la simple réécriture de faits bruts. Bref, à l'opposé du métier (ou de l'idée que je m'en fais) de journaliste.

 

Nous touchons du doigt, une nouvelle fois, la limite du datajournalisme. Pour mémoire, le datajournalisme est le journalisme qui se réalise sans bouger de sa chaise et face à son écran. L'enquête et la rencontre ne se font que par le prisme - forcément déformant - du web.

 

Sans imaginer une seconde le retour du journalisme à la papa avec petit carnet et chapeau sur la tête, il y a une perte de valeur dans ce journalisme là qui est celle de l'investigation... que les fermes à contenus accélèrent.

 

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03/01/2011

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