Ségolène Royal n'est pas digne de la division d'honneur
Agacé par les propos de la Président de Région de Poitou Charentes, j'ai écrit plusieurs lignes jusqu'à ce que je trouve cet article de Paul-Henri du Limbert que je fais mien (en le remerciant d'avoir écrit si justement) et que je vous livre :
En France, les grands moments de concorde nationale durent peu.
Quelques jours, parfois quelques heures. Entendre et voir Nicolas
Sarkozy se réjouir de la libération d'Ingrid Betancourt, c'en était
trop pour Ségolène Royal. Il fallait donc perturber cet instant rare où
des millions de Français, sans souci d'étiquette politique, partagent
ce sentiment simple que l'on appelle l'émotion. Il fallait donc dire
que Nicolas Sarkozy «n'a été absolument pour rien» dans la libération
d'Ingrid Betancourt. Pourquoi ? Parce que l'otage des Farc doit la fin
de son épouvantable épreuve à l'armée colombienne et non à la
diplomatie française.
Mais Nicolas Sarkozy a-t-il dit le contraire ? Son intervention de mercredi soir peut se résumer à deux phrases où l'on cherche en vain une trace de «récupération politique» : «Je voudrais dire à Ingrid Betancourt qu'on l'embrasse et qu'on est très heureux pour elle», «je tiens à remercier le président Uribe et tous ceux qui, à un moment ou à un autre, ont donné un coup de main». Et il y aurait là matière à scandale ? En réalité, on voit bien ce qui exaspère Ségolène Royal. C'est que Nicolas Sarkozy, en accueillant Ingrid Betancourtà Paris, attire vers lui un peu de la lumière diffusée depuis quarante-huit heures par l'ex-prisonnière de la forêt amazonienne. Sans doute, mais si on suit le raisonnement de la dirigeante socialiste, il faudrait interdire au chef de l'État de s'exprimer ou d'apparaître lorsque survient un événement heureux de portée nationale.
Dans sa fureur, Ségolène Royal a également
jugé que «les négociations avec les Farc étaient inutiles et n'ont
débouché sur rien». Si on la comprend bien, il fallait donc, pendant
toutes ces années, ne rien tenter et se résigner. Mais c'est
précisément la «diplomatie parallèle», engagée sous Jacques Chirac et
Dominique de Villepin, poursuivie par Nicolas Sarkozy, qui a permis
d'entretenir la flamme pendant plus de deux mille jours. Il y a eu des
émissaires, des contacts, secrets ou non, des avions qui se posaient
dans la nuit à la frontière brésilienne. De l'espoir parfois, des
déceptions souvent, qui ont permis au nom et au visage d'Ingrid
Betancourt de ne pas s'évanouir sous les coups de butoir du temps qui
s'écoulait.
En cette journée de publication des résultats du baccalauréat, Ségolène Royal s'est donc offert un spectaculaire «hors sujet». Les socialistes en ont conscience qui, comme Jack Lang, se disent accablés par la «rare mesquinerie» et «le manque d'élégance morale» de l'ex-candidate à la présidentielle. C'est d'autant plus regrettable que la présidente de Poitou-Charentes a longuement disserté sur «l'autre façon» de faire de la politique, décrivant un monde idéal exempt de coups bas et de petits calculs. La joie de la «douce France» célébrée par Ingrid Betancourt en est un peu ternie. Et Ségolène Royal y est pour quelque chose.
Je crois que Ségolène Royal se bayrouise de plus en plus.








