Instant des instants
Vous le savez, je circule en deux roues depluis plus de dix ans. J'en ai transporté des gens.Des hommes plus ou moins inquiets, plus ou moins gros, plus ou moins jeunes. Des femmes plus ou moins distantes, plus ou moins sexy, plus ou moins rassurées. J'ai même transporté mon chien, des tableaux, des objets d'un certain volume, etc...
Avec toute cette expérience, je me suis rendu compte que je ne vivais pas ces instants d'intimité de la même manière.
Je passe les évidences : les hommes très lourds qui me poussent du bas ventre à chaque coup de frein, les femmes faussement ingénues qui se rapprochent à la faveur d'une courbe serrée, les hommes qui prennent l'air ultra fiers alors qu'ils sont tétanisés par mes envies d'accéleration, les femmes qui sont obligées de m'hurler dans les oreilles pour me parler...
En fait, je suis vraiment très au fait de mon passager que dans un seul cas : quand je transporte mes enfants. Je passe (là aussi) sur l'évidence qui avoue qu'ils sont ce qui il y a de plus intime en moi, de plus sacré, etc... pour arriver à l'instant des instants des promenades en deux roues. Un instant un peu déroutant au fond. Un instant qui me pose de nombreuses questions sur mon état (...et peut être sur celui de père). Je ressens au fond de moi, l'impression de ne faire plus qu'un avec mon enfant, comme ce que peut éprouver une femme enceinte.








Sympa l'article !
Je suis toujours celui qui est derriere, je me reconnais dans le mec qui fait le beau mais qui flippe a tout accélération héhé !
Rédigé par: Rade | le 08/02/2008 à 00:19
Je préfère la moto ! :p S'accrocher avec les bras et les cuisses aux pilotes quand il flirte avec les 100 km/h sur le périph, c'est une vraie montée d'adrénaline.
Dans mon ancien taf, je me faisais véhiculer en scooter par des collègues pour aller aux réunions de big entreprise, j'adorais la balade. J'avais le choix entre un gros 125 et un vespa. Entre un fauteuil roulant et une grosse bicyclette, quoi. Sur le 125, j'avais même pas besoin de toucher le pilote alors que pour le vespa, c'était impossible de pas me coller.
Rédigé par: Nina | le 08/02/2008 à 01:31
Trés beaux instants aussi du coté des enfants.... Même à 26 ans j'adore toujours autant rouler avec mon "papa" en bmw, moments qui n'appartiennent qu'à nous Envolés femme et conjoint, juste nous 2 et la liberté
;-)
Rédigé par: karine1506 | le 08/02/2008 à 08:37
Mes instants préférés avec mon papa ? Quand je roule avec lui. Mais lui, il a une voiture. Parfois au lieu de me dire "on va boire un verre ?", il me dit "on va faire un tour ?". Et puis, on monte dans la voiture, on fait des balades dans des nouveaux coins & on se parle pendant des heures de tout et de rien. C'est con, hein !
Sinon, moi quand tu me transportes derrière toi, je suis du genre à HURLER pour que t'entendes 1/8eme de ce que je dis ! Sympa :)
Rédigé par: Babillages | le 08/02/2008 à 09:55
c'est idem avec le "sac kangourou"
Rédigé par: Nahimage | le 08/02/2008 à 10:02
J'ai toujours trouvé ça très intime de monter derrière quelqu'un à 2 roues, s'abandonner derrière quelqu'un, lui faire confiance, se tenir à sa taille...
et lire ta note me rend nostalgique!*soupir*
Rédigé par: Little Daewoo | le 08/02/2008 à 10:05
Le 2 roues, c'est clairement un piège à femmes, ça marche à peu près à tous les coups avec moi. Je suis faible. Mais bon, il faut dire que Paris en 2 roues, ça n'a pas la même gueule. Mais j'aime pas qu'on me parle quand j'ai un casque sur la tête par contre.
Rédigé par: PinkLady | le 08/02/2008 à 10:28
Les femmes enceintes ont ce petit avantage sur toi que lorsqu'elles portent leurs enfants, personne n'est obligé de porter un casque, ce qui resserre encore plus ce lien et ce sentiment d'osmose que connaissent toutes les mères.
Non, ce talent là, messieurs, vous ne l'aurez jamais.
Des bizettes
Rédigé par: Mélina LOUPIA | le 08/02/2008 à 10:42
Je déteste monter sur ces engins, la peur au ventre, mais par contre ta comparaison avec la femme enceinte est certes belle...
Mais porter un enfant c'est, pour ma part, quelque chose de fort, de responsabilisant ok, mais surtout la sensation de ne plus être UNE justement.
La femme se divise, ses organes montent de plus en plus, son corps ne lui appartient plus.
A cette magie s'ajoute les maux, les évanouissements, la faim, le dégoût, l'envie, la fatigue.
Porter un enfant ce n'est pas faire un avec lui, c'est être envahi par un être à part entière qui vous explose toutes vos entrailles pour se faire une place...
;)
Rédigé par: Elisabeth Robert | le 08/02/2008 à 13:18
C'est beau tout ça !
La vision de Mélina n'est pas aussi poétique, et elle n'évoque qu'une partie de la grossesse. L'autre partie, c'est effectivement ne faire plus qu'un avec son enfant.
Rédigé par: Coryse | le 08/02/2008 à 19:38
C'est parceque tes enfants sont beaucoup plus legers que toi et qu'ils te font confiance donc fusionnent.
Pour l'avoir été, je dirais qu'être enceinte est cela mais sur le devant et pas derrière et sans le moteur de la moto :-)
Rédigé par: zorglub | le 08/02/2008 à 20:56