François Bayrou, le MoDem et l’argent du contribuable
François Bayrou a lancé la semaine dernière la campagne des législatives devant un Zenith moins garni que lors de son dernier passage dans cette salle de concert parisienne en annonçant la naissance officielle, le jour de son anniversaire, du Mouvement Démocrate, le MoDem.
Après avoir perdu la confiance de 25 députés sur 29 du groupe UDF, François Bayrou a décidé de répondre à cette solitude en présentant plus de 500 personnes sous l’étiquette MoDem aux prochaines élections législatives. Plus de trois quarts des candidats du MoDem n’ont aucune expérience du militantisme et a fortiori du « combat politique ». Certains comme le confirmait un internaute sur le blog de Quitterie Delmas ont reçu un mail de Marielle de Sarnez (bras droit de Bayrou) leur demandant un CV pour devenir le candidat du MoDem dans leur circonscription alors qu’ils venaient d’émettre le souhait de se pré-inscrire au MoDem…
La volonté de changement ainsi exprimée par ce renouvellement contraint et forcé ne révèle-t-il pas autre chose ?
Bien sûr, je trouve excellente l’idée de promouvoir de nouvelles têtes, mais les sondages qui semblent ne plus se tromper depuis un an, annoncent le MoDem à moins de 10 élus. Moins de 10 élus pour les plus optimistes des sondeurs.
Alors à quoi cela sert ? A qui profite le crime ?... François Bayrou devrait être élu sans trop de difficulté dans sa circonscription. S’il ne peut constituer un groupe parlementaire (il faut 20 députés) à quoi sert-il de partir dans cette galère ?
Ce qu’il y a de certain : la mécanique financière de l’élection est que chaque vote rapporte au parti 1,66€. Comme François Bayrou a fait un score important lors du premier tour de l’élection présidentielle, il est tout à fait possible que grâce à ses représentants, il entre dans les critères de réception de l’argent du contribuable. C'est d'ailleurs concordant avec le souhait qu'a l'équipe de campagne de faire en sorte que les jeunes apprentis politiques parlent d'une élection nationale plus que locale...
Finalement, la posture du « je suis différent, je suis au centre, je ne m’oppose pas systématiquement, je veux une nouvelle politique, je… » n’est-elle pas simplement le souhait de faire de l’argent sur le dos de son engagement, de ses idées et comme le dit François Bayrou en citant Malraux : « Si vous abandonnez une idée, l'idée dont vous avez vécu, ce n'est pas un incident. C'est un suicide.».












