Les trois singes : Kikazaru, Iwazaru et Mizaru
Je ne veux pas entendre les bruits qui m’envahissent sans l’avoir décidé. Longtemps, j’ai été sourd d’une oreille. Quand un oto-rhino-laryngologiste m’a remis la stéréo, j’ai entendu les sons sourds émis par des êtres en mal d’âme. Chacun avait une bonne raison de se plaindre, chacun avait une bonne raison de vouloir m’envahir. J’ai toujours refusé de me laisser abuser par ceux qui ne se bagarraient pas contre eux-mêmes avant de venir pleurer. Ils ne se rendent pas compte à quel point ils sont pathétiques voire d’une impudeur égocentrique en imposant aux autres leurs (pseudo)souffrances. Et parfois dans les maux assourdissant, il y a des mots à entendre.
Je ne veux pas parler des choses que je sais. Souvent, j’ai promis le silence pour ce qui est important pour le reste, je suis superficiel et léger. C’est une posture très construite compliquée à cultiver. J’aime raconter des histoires mais sans parler pour autant. L’intime n’est pas l’extime. Par ailleurs, je donne à entendre, à lire, tout ce qui n’a pas d’importance à mes yeux. Contacts de secondes zones, informations relationnelles à la portée de tous, etc… etc… sans aucune gêne. Mais quand je donne une information la seule question est pourquoi je la donne sachant que je n’attends rien en échange. Jamais rien.
Je ne veux pas voir ce qui est trop simpliste à regarder. Je veux voir
derrière, plus loin, au-delà de ce qu’on m’oblige à apprécier. Cela ne
m’intéresse pas. Je veux dépasser ce qu’on me propose, ce qu’on me
montre. Remettre en doute. J’abuse des leviers marketing sur ce blog pour révéler ce que
l’on ne voit qu’en prenant le temps. Le temps de la répétition. Le
temps de la lenteur qui ne sied pas à cet outil de non échange. Outil
de rencontre, à la rigueur. On ne voit bien qu’avec le cœur rappelle
l’aviateur dans la bouche du Petit Prince. Prenons le temps de fermer
les yeux nous serons moins aveugles.
pour en savoir plus sur les singes, là...








